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locc23244 - PAUL ET JEAN-PAUL LAURENT, JACQUES

PAUL ET JEAN-PAUL LAURENT, JACQUES
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Auteur : LAURENT, JACQUES
Editeur : Chez Grasset
Etat du livre : Livre ancien en très bon état de conservation
Langue : français
Caractéristiques : Paris, 1951, broché, couverture crème à rabats, in-8 de 72 pp., exemplaire numéroté 8
Poids : 150 g.

Commentaire


De la collection " Les cahiers irréguliers " (2).

Cette citation imprimée en tête de volume : " Il y a quelque chose de commun, qui n'est point le talent, entre Joseph de Maistre et M. Garaudy. " (J.-P. Sartre, Situations II.)

[Le Truc de la main chaude] " Bourget, de même, n'ignore pas le peu d'arguments qu'il pourrait apporter au secours d'idées telles que " La valeur éducative de la guerre n'a jamais fait de doute pour quiconque "; ou : " Il faut conserver non seulement les institutions utiles, mais même celles qui sont probablement abusives, parce qu'elles sont des parties d'un corps vivant.

" Son système consiste donc à les lancer par un roman, puis à les recueillir dans un essai, comme si elles avaient été prouvées au préalable. D'où une alternance du type sandwich qui situe ses Essais de psychologie contemporaine entre le Disciple et l'Étape. Les amateurs de romans croient qu'il étaie ses idées dans ses essais et les amateurs d'essais font confiance à ses romans. C'est une situation en or qui lui vaut d'être loué par M. Charles Desgranges en les termes suivants : " C'est pourquoi M. Paul Bourget occupe un rang à part dans notre littérature contemporaine. Romancier, il a l'autorité d'un philosophe; et ce genre si souvent frivole a reçu de lui ses lettres de haute noblesse. " Vous pensez bien que Sartre s'est gardé lui aussi de ne publier que des romans. D'autant qu'il avait sur Bourget l'avantage d'être non seulement licencié, mais agrégé, et agrégé de philosophie. M. Roger Campbell a observé cette " scrupuleuse alternance " qui palpite sur la ligne la Nausée, l'Imagination, le Mur, l'Imaginaire, les Mouches, l'Être et le Néant, Huis clos, etc. Et la divine confusion, modèle Bourget, s'est produite : les philosophes, respectueux des dons d'affabulation de l'écrivain, se sont dit que, pour un romancier, ses essais de philo n'étaient pas tellement mauvais, tandis que le grand public ne cachait pas sa gratitude au plus grand philosophe de l'époque qui condescendait, par une gentillesse touchante, à mettre à sa portée, sous forme romanesque, quelques bribes de sa puissante métaphysique. Le tour était joué. Je ne doute pas qu'à la prochaine édition du manuel de Desgranges on ne puisse lire, à propos de Sartre : " Philosophe, il a l'autorité d'un romancier, romancier, il a celle d'un philosophe. " Dans ce concert une voix seule a déraillé, celle de Heidegger, qui, répondant à une interview, s'est étonné avec naïveté qu'on lui parlât d'un Sartre philosophe et précisa courtoisement que ce dernier n'était pour lui qu'un romancier et homme de théâtre. Cette observation n'eut pas le même succès de l'innocence et fit moins de bruit que le cri du petit garçon d'Andersen : " Le roi est nu ! " " (Jacques Laurent, Paul et Jean-Paul, p.41-42-43)

" On évoquera peut être la position politique de Sartre. C'est un homme de gauche. Ou plus exactement sa tendance est à gauche, comme la tendance de Bourget était à droite sans qu'on puisse d'ailleurs leur attribuer un site précis. On ne les trouve pas à un point donné. Ce sont des hommes de lieux géométriques. Bourget, lorsqu'il avait eu à choisir le sien, tenait un certain nombre d'idées toutes faites pour au-delà de toute discussion : le patriotisme, la nécessité de l'ordre, un droit minimum de propriété. Sartre, lui aussi, admet les idées toutes faites de son temps, qui n'est plus celui des landaus et des boudoirs : patriotisme (ce patriotisme lucide issu de la résistance); socialisme; culte respectueux de la classe prolétarienne. Bourget s'était situé à gauche de la bourgeoisie intégralement conservatrice, à droite de la bourgeoisie radicale. Le mouvement des partis politiques en France a amené tout naturellement Sartre à la droite d'une bourgeoisie d'intellectuels et de techniciens conquis au communisme, et à la gauche d'une bourgeoisie que l'on peut encore appeler conservatrice, puisque toute son évolution a consisté à devenir radicale. L'un et l'autre sont donc des écrivains bourgeois du juste milieu. Mais Sartre, anticommuniste de fait et pro-collectiviste en théorie, occupe des positions intenables et cela faute de l'imagination qui avait permis à Bourget, sans s'engager davantage que lui, de se choisir un poste de combat à la fois personnel et efficace. Il avait eu l'esprit, homme de droite, de s'intéresser au syndicalisme et de coller derrière Sorel. Il pouvait prétendre à une originalité et à une multiplicité politique. Car il y a quelque chose de flatteur chez Bourget qui manque à Sartre. Le premier n'était déjà plus l'homme de cette bourgeoisie conquérante si bien décrite par Marx; il s'appuyait sur une bourgeoisie encore victorieuse, mais déjà désarmée. Son génie consista à lui donner des raisons d'espérer; la maladresse de Sartre, quand il s'adresse à la bourgeoisie vaincue d'aujourd'hui, tient dans cette sorte de lassitude chargée de remords où elle ne se reflète que trop. Il peut lui plaire de trouver un miroir, mais il est fatal qu'elle s'en effraie vite. Manquent aussi à Sartre le goût sincère de Bourget pour la littérature, sa sensibilité vraie, le mouvement qui ébranle ses chapitres les plus factices et une entente spontanée avec la langue. Sartre romancier reste un professeur revêche qui dicte son cours sans sourciller. " (Jacques Laurent)

" Né le 5 janvier 1919, à Paris, Jacques Laurent est issu d'une famille qui compte surtout des gens de robe et d'épée. Un oncle, vice-président du Conseil d'État, le pousse à préparer l'un de ces grands concours qui vont disparaître avec la naissance de l'ENA. Il préfère la Sorbonne où il entreprend une licence de philosophie, que la mobilisation interrompt. Jamais il ne devait achever ses études. Il garde néanmoins pour la philosophie un goût tenace et amical qui se trahit souvent dans ses romans comme dans ses essais. En 1948, il publie son premier roman, Les Corps tranquilles, et, en 1951, son premier essai, Paul et Jean-Paul, où il soutient le droit à la liberté de création contre les théoriciens du roman engagé. C'est dans le même esprit qu'il fonde, en 1953, une revue littéraire, La Parisienne, et qu'il dirige pendant cinq ans l'hebdomadaire Arts. Il publie aussi bien dans des quotidiens que dans des revues un grand nombre d'articles de critique ou d'humeur et effectué plusieurs reportages dont l'un paraît, en 1968, sous le titre Choses vues au Vietnam. Il ne cesse pas d'alterner les romans et les essais au cours d'une carrière qui est marquée par plusieurs prix : le Goncourt pour le roman Les Bêtises (1971), le grand prix de littérature de l' Académie française (1981), le prix Prince Pierre de Monaco (1983). Élu à l' Académie française, le 26 juin 1986, au fauteuil du professeur Fernand Braudel (15e fauteuil). Mort le 29 décembre 2000 à Paris. " (Source : Académie française)

[édition originale, first edition, erste Ausgabe, prima edizione, primera edición]

1/900 exemplaires sur Alfa Navarre, numérotés Alfa 1 à 900

[Achevé d'imprimer le trente avril mil neuf cent cinquante et un sur les presses de J. Dumoulin, Imprimeur à Paris Numéro d'Édition : 683 Dépôt légal : 2e trimestre 1951]


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