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bpv_158411 - TRÉBONIEN GALLE Tétradrachme syro-phénicien

TRÉBONIEN GALLE Tétradrachme syro-phénicien B+
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Type : Tétradrachme syro-phénicien
Date : 251
Nom de l'atelier/ville : Antioche, Syrie, Séleucie et Piérie
Métal : billon
Diamètre : 27 mm
Axe des coins : 6 h.
Poids : 12,29 g.
Degré de rareté : R3
Commentaires sur l'état de conservation :
Usure moyenne mais lourde corrosion. En revanche, le type est parfaitement identifiable et indiscutable
Référence ouvrage :
Pedigree :
Cet exemplaire, le 0667_002 de la base TSP, provient d’un professionnel libanais en 2005

Avers


Description avers : Buste lauré, drapé et cuirassé de Trébonien Galle à droite, vu de trois quarts en arrière (A*2), VI sous le buste.
Légende avers : AUTOK K G OUIB TREB GALLOS SEB.
Traduction avers : (L’empereur césar Caius Vibius Trebonien Galle auguste).

Revers


Titulature revers : S C À L’EXERGUE.
Description revers : Aigle debout à gauche sur une ligne de terre, les ailes déployées, tête et queue à droite, tenant une couronne feuillée dans son bec, lettre d’officine S entre les pattes.
Légende revers : DHMARC EX OUSIAS / S.
Traduction revers : (Revêtu de la puissance tribunitienne / avec l’accord du Sénat d’Antioche).

Commentaire


Autant la présence de lettres numérales grecques sur des antoniniens de Rome pour Philippe est surprenante à premier abord, autant la présence de ce VI latin est incompréhensible sur un tétradrachme d’Antioche. Il est clair que la numérisation par globules sous les bustes trouve ses limites au delà de cinq et que le remplacement par une lettre ou un chiffre devient nécessaire. Mais pourquoi un chiffre romain alors que le S grec que l’on trouve au revers aurait été aussi pratique, d’autant plus que cette pratique est attestée, par exemple, par les Prieur 664 et 665 ?
C’est d’autant plus étonnant que ce cas n’est pas isolé à cette période. Depuis la publication du Prieur a été créé un Prieur 563 A, avec VII sous le buste, le 562 avec IV était connu, comme les 643, 653 et 666 avec VI, tous rarissimes. La romanisation des émissions, qui triomphera avec la disparition du tétradrachme et la généralisation de l’antoninien sous Valérien Ier dès 253 était-elle déjà en préparation ?
Les frappes de Trébonien Galle et de Volusien signent la fin de la série des tétradrachmes syro-phéniciens, si l’on ne tient pas compte du sursaut d’Uranius Antoninus. Cette courte frappe, 251/253, va concentrer tous les symptômes d’une fin, de l’effondrement de l’aloi à celui du style.
Notons tout d’abord les changements de fond : mis à part la complète disparition des bustes radiés qui sont réservés à Volusien, la palme disparaît et la position de l’aigle change.
Que pouvait représenter cette palme ?
Une autorité impliquée dans le financement du monnayage ? Dans ce cas, elle aurait passé les siècles et serait certainement d’essence religieuse puisque sa première apparition est dans la main de la Tyché de la ville. Le culte rendu à cette divinité était-il si important que les autorités auraient pu en mettre le clergé à contribution où requérir son aval ? Si tel est le cas, pourquoi Trébonien Galle aurait-il dérogé à l’habitude ? Pourquoi aurait-elle disparu sous les Sévères ?
On peut aussi penser à un raccourci symbolique de la Tyché mais pourquoi Trébonien aurait-il éliminé cette référence ? La question reste ouverte.
D’autant plus que le changement de position de l’aigle, où tête et queue sont maintenant systématiquement en position inverse du corps, rappelle immanquablement les rarissimes émissions finales de Trajan Dèce et de sa famille avec cette position et le point entre les pattes, remplacé chez Trébonien Galle par la lettre d’atelier. Il faut croire que les changements de type monétaire précèdent, dans l’Antioche du IIIe siècle, les chutes de régime : cela se vérifie de Philippe à Galle.
La première série de frappe est de 251 AD avec un revers sans marque de consulat. Tous les bustes sont laurés, drapés et cuirassés sauf un buste à gauche de la septième officine, le seul buste exceptionnel retrouvé à ce jour. La qualité des frappes et de l’aloi sont comparables aux standards de Trajan Dèce.
On note que les sigma sont gravés en C.
Dans la base TSP maintenue par Michel Prieur, quatre exemplaires sont maintenant répertoriés pour ce type, un en musée à Gaziantep.

Historique


TRÉBONIEN GALLE

(06/251-06/253) Caius Vibius Trebonianus Gallus

Trébonien Galle, originaire de Pérouse, était gouverneur de Mésie sous le règne de Trajan Dèce. Lors de la bataille d'Abritus, il ne va pas au secours de Dèce en difficulté : l'empereur est tué par les Goths. Trébonien est proclamé Auguste, signe la paix avec Kniva et s'empresse de retourner à Rome où il s'associe Hostilien, le dernier fils survivant de Trajan Dèce, comme auguste et son propre fils Volusien comme césar. Quand Hostilien meurt de la peste ou est assassiné, Volusien devient auguste. Trébonien Galle paie tribut aux Goths alors que les Sassanides de Sapor Ier menacent la Syrie et que la peste continue de ravager l'Empire. Il reprend les persécutions contre les Chrétiens, mais n'a pas de politique. L'invasion ayant repris sur le limes danubien avec l'arrivée de nouvelles hordes barbares, Émilien est proclamé auguste par ses troupes et marche sur l'Italie. Trébonien Galle fait appel à Valérien pour le secourir et la rencontre décisive a lieu à Terni en 253. Trébonien Galle et Volusien sont battus et trouvent la mort dans la bataille dont Émilien sort vainqueur pour peu de temps, avant d'être assassiné par ses troupes qui ont rallié Valérien Ier.

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