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lm267 - Monnaies et circulations monétaires mérovingiennes (vers 670- vers 750) - Les monnayages en argent de Touraine SCHIESSER Phlippe

Monnaies et circulations monétaires mérovingiennes (vers 670- vers 750) - Les monnayages en argent de Touraine SCHIESSER Phlippe
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Auteur : SCHIESSER Phlippe
Editeur : SENA
Langue : français
Caractéristiques : Paris 2017, broché, (21 x 29,7 cm), 236 pages, monnaies illustrées en couleur dans le texte
Poids : 1060 g.

Commentaire


Cette septième parution de Recherches et Travaux de la Société d'Études Numismatiques et Archéologiques , qui s’inscrit dans un renouveau de l’historiographie mérovingienne à l’échelle de l’Europe, a pour ambition de modifier la vision traditionnelle de la monnaie de la période de l’argent (vers 670 -vers 750). Grâce à l’ampleur du corpus réuni et étudié, il aborde comme cela n’a jamais été fait sur une échelle comparable et aussi représentative, la quantification des émissions monétaires. Avec trois cents exemplaires, l’échantillon d’étude atteint une taille suffisante pour établir la représentativité du monnayage de Touraine et aborder des questions plus générales sur le numéraire mérovingien d’argent. Le fait d’avoir accès tant aux lieux de frappe qu’à un grand nombre de localisations de trouvailles permet d’établir les axes de la circulation monétaire de cette époque. L’argent tourangeau revêt en effet une exemplarité particulière pour étudier le denier mérovingien en général, pas seulement à cause de l’importance de la ville de Saint Martin et de Grégoire de Tours à l’époque mérovingienne et des sources correspondantes. Sur le plan monétaire également, Tours est au cœur des évolutions. Les grands deniers de Childéric II, qui y sont frappés, figurent parmi les plus spectaculaires des débuts de l’ère de l’argent. À l’autre terme de cet âge du denier, le monnayage mérovingien le plus tardif permet d’observer la transition vers les émissions portant les noms des mêmes autorités (cité de Tours, abbaye Saint-Martin et cathédrale Saint-Maurice) frappées au nom de Pépin ou de Charlemagne. Ces séries ont également pu faire l’objet d’études métrologiques portant sur les masses, mais aussi les titres. La réflexion s’appuie en outre sur les travaux novateurs de cartographie qui fournissent des cadres précieux pour l’étude des autorités émettrices, des trouvailles et de la circulation monétaire.

Article


MONNAIES ET CIRCULATION MONÉTAIRE MÉROVINGIENNES
(vers 670 – vers 750) - LES MONNAYAGES D’ARGENT DE TOURAINE -RTSENA 7
par Philippe Schiesser

Pourquoi écrire un ouvrage sur les monnaies mérovingiennes, si rares, selon l’avis commun. Pourquoi, en outre, circonscrire ce livre à l’époque de l’argent (vers 670 - vers 750) ? C’est qu’en réalité, ces monnaies sont nombreuses. Pour les seules monnaies frappées en Touraine (soit, globalement, pour un seul département, celui de l’Indre-et-Loire), le catalogue typo-chronologique réunit ici plus de 250 monnaies dont 25 oboles unifaces toutes illustrés en couleur dans le catalogue. Il comporte plus de 130 deniers de typologie strictement tourangelle. Il inclut également plus d’une centaine de deniers du type au gros globule et au pentalpha dont certains sont assurément tourangeaux, au nom de Saint-Martin-de-Tours, de la cité de Tours ou du castrum de Chinon. Ce dernier type est le seul tourangeau pour lequel des oboles sont connues. Une cinquantaine de deniers qui n’ont pas été frappés en Touraine mais qui lui avaient été attribués ont-été étudiés et, pour certains, ont été restitués à Quentovic, à Maastricht ou à Troyes.

Cette étude concerne aussi les deniers et oboles, tout comme les monnaies contemporaines étrangères, qui furent trouvées en Touraine (les sceattas et thrymsa représentent 4,3 % des trouvailles isolées). Près d’une centaine d’exemplaires a ainsi pu être recensée comme trouvailles isolées. Il s’y ajoute les 45 monnaies du trésor de Savonnières. Ce sont donc 139 monnaies dont 7 oboles (7,5 % des trouvailles isolées) qui sont répertoriées pour ce comté. Elles aussi sont toutes illustrées en couleur dans le catalogue.

Il n’est alors plus possible de considérer les monnaies mérovingiennes d’argent comme rares ou anecdotiques. Elles sont nombreuses, variées et l’inventaire de celles qui ont survécu n’est pas aujourd’hui terminé.

Le contexte historique régional et les autorités émettrices de cette époque ont été étudiés. Leur diversité et leur répartition sur tout le territoire apparaissent clairement, même si les lieux mentionnés sont moins nombreux qu’à l’époque antérieure où l’or était frappé.

Les frappes d’argent tourangelles semblent suivre un modèle que l’on retrouve dans d’autres ateliers. Grâce aux monnaies regroupées ici, on observe que les différents types tourangeaux se succèdent avec une continuité visuelle très importante. Tout se passe comme s’il avait semblé souhaitable de ne pas troubler le public par des changements brutaux et de faciliter, par ces ressemblances, la circulation de nouveaux types. Les premières monnaies d’argent frappées sont de « grands deniers » (de 16 -17 mm). Elles appartiennent à des séries de transition de l’or à l’argent. On retrouve ce même phénomène à Reims, par exemple. Il existe, dans les deux métaux, des monnaies au même type et pour certaines, au nom du même monétaire ou de même style. L’un des types porte un monogramme complexe qui existe aussi en denier de taille habituelle (de 11 -12 mm) et au nom du même monétaire. Puis le monogramme se simplifie et il est utilisé dans les différents ateliers de la région. Ainsi en est-il d’Amboise et de Bourgueil. L’apparition du type portant un gros globule dans un cercle perlé et un pentalpha semble marquer une rupture. Toutefois, il est présent dans le trésor de Savonnières, avec d’autres types et, seule, la disparition du portrait est une nouveauté. La transition entre les frappes mérovingiennes et royales carolingiennes s’effectue à Tours en conservant une continuité du type au gros globule dans un cercle perlé. Là encore, on retrouve ce même phénomène dans d’autres ateliers.

Les liens entre les types monétaires permettent d’établir la chronologie relative. Les types Tourangeaux sont abondants dans certains trésors et absents dans d’autres, sans que cela semble correspondre à une cohérence quelconque. Il paraît donc impossible d’en établir une chronologie absolue.

La répartition spatiale des trouvailles en Touraine démontre clairement la continuité de l’utilisation monétaire dans les agglomérations secondaires romaines. Le chef-lieu de cité, Tours, bien qu’atelier principal de frappe de l’époque, n’est le lieu que d’un faible nombre de trouvailles monétaires. Celles-ci sont plus importantes le long de la Loire et de la Vienne. Elles sont particulièrement intenses dans la zone de confluence entre ces deux cours d’eau.

L’abondance des monnaies et surtout la possibilité d’avoir conservé leur origine, tant pour le lieu de frappe que pour celui de trouvaille, permettent de tracer les axes de circulations monétaires de l’époque. Environ la moitié des monnaies mérovingiennes d’argent est trouvée à moins de cent kilomètres de leur lieu de frappe et la quasi-totalité se localise dans un rayon de trois cent cinquante kilomètres, qu’il s’agisse de monnaies frappées comme de celles trouvées en Touraine. Ceci fait émerger trois régions principales de circulation monétaire. L’une est la Gaule centrale où se trouve la Touraine. La seconde est plus au nord. Il y circule sceattas frisons, britanniques et mérovingiens. La troisième correspond au Patriciat de Provence.
La circulation paraît donc principalement régionale. On comprend mieux alors que le type portant un gros globule dans un cercle perlé et un pentalpha ait pu être frappé dans au moins deux cités différentes. Il participe ainsi de l’uniformisation de cette circulation. Ce type, facilement reconnaissable, était sans doute plus facilement accepté. La Touraine est au centre de la zone de la Gaule centrale. C’est la seule pour laquelle des ateliers sont connus pour avoir frappé des oboles mérovingiennes unifaces bractéates (Touraine, Melle, Poitiers, Bourges et, peut-être, Orléans). Pour la période carolingienne, les oboles unifaces connues sont de Melle, d’Angers et de Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Les cartes de répartition des deniers mérovingiens de Rennes, de Paris ainsi que la composition des trésors français confirment cette zone de circulation régionale des deniers de Gaule centrale. Elle inclut la Neustrie et le Nord de l’Aquitaine. La limite Sud est incertaine. Le trésor de Plassac semble un isolat alors que seulement deux ou trois deniers de Bordeaux sont connus. Mais Melle et Poitiers appartiennent assurément à cette zone de Gaule centrale.

Une autre zone de circulation, plus au Nord, est celle des « sceattas ». Ce terme est équivalent à celui de « denier ». La limite entre la zone où les sceattas seraient majoritaires et celle où les deniers de Gaule centrale circulent est pour M. Metcalf Michael et W. Op den Velde une « ligne virtuelle du Havre à Liège / Maastricht ». Cette ligne correspond à la limite nord des ateliers mérovingiens et se trouve légèrement plus au sud que la zone à trois cent cinquante kilomètres de Tours. Toutefois, la réattribution de certains types de sceattas à Quentovic, inclut dans cette zone tout le nord de la France.

Le Patriciat de Provence paraît former une troisième zone de circulation dans laquelle aucune obole uniface n’a été frappée. Le trésor de Nice-Cimiez offre, comme le trésor de Savonnières, une impression de circulation régionale car il est presque exclusivement composé de monnaies du Patriciat de Provence. Marseille, à elle seule, représente plus des trois quarts de la trouvaille.

Les circulations des monnaies semblent discernables à l’intérieur de la zone de la Gaule centrale. Celles d’Aquitaine, frappées avec l’argent des mines de Melle, descendent la Vienne vers le Nord et alimentent la Touraine. Les monnaies de Touraine, quant à elles, pénètrent peu en Aquitaine et sont principalement retrouvées au Nord, en Neustrie et dans la vallée de la Loire. Mais on en trouve quelques-unes jusqu’en Angleterre ainsi qu’au nord de l’Allemagne. Un courant général du sud vers le nord et suivant les voies d’eaux apparaît clairement sur les cartes de répartition.

Les très nombreux deniers et les quelques mentions de paiement en argent montrent une utilisation des monnaies plus répandue à cette période qu’on ne l’a l’habituellement écrit. La création de divisionnaires, les oboles, montre aussi la nécessité d’avoir de plus petites valeurs adaptées aux échanges quotidiens. La monétarisation de l’économie durant la première moitié du VIIIe siècle est certainement importante, au moins dans la zone où sont frappées des oboles, à proximité des mines de Melle, au cœur de la zone de frappe des deniers de Gaule centrale.

Cet ouvrage modifie donc profondément la vision traditionnelle de la monnaie et de la monétarisation de la période mérovingienne de l’argent (vers 670 - vers 750).

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