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LES
FAUX
Bien entendu, il existe de faux napoléons mais ils sont rares.
Selon la législation en vigueur, c'est de la fausse monnaie….
Pénalités concernant la détention similaires à celles de la
contrefaçon telles qu'indiquées sur vos billets de banque. Vous
avez donc tout intérêt à vous renseigner et à vérifier si vos
pièces sont authentiques.
Cinq grandes familles de faux
existent :
les tocs, les Montecatini,
les platines, les russes, les longues queues.
Les tocs sont simplement en cuivre doré… le poids est largement
faux, trop léger, l'imitation souvent moyenne (comparer les
différents monétaires à la loupe x 10 avec un original certain,
le faux est mou et manque de détails). Aucune valeur marchande,
bien entendu. Ces faux ont surtout sévi durant la période 1944/1948,
durant la fermeture du marché officiel et peuvent se trouver
dans tous les lots acquis durant cette période troublée.
Les Montecatini sont des faux
fabriqués en Italie durant les années 1860, pour profiter de
la prime de la pièce par rapport au métal. Au bon poids et titre,
ou presque, ils sont repris à un cours proche de 80% du cours
du jour. Le modèle le plus courant est le napoléon tête nue
et ces faux se reconnaissent à la raie des cheveux de l'empereur,
très particulière et profonde. On peut trouver ces faux dans
tous les lots " de famille ", non passés entre les mains d'un
changeur ou d'une banque. La prime était à l'époque très faible,
correspondant théoriquement au coût de l'ouvrage, mais transposée
sur des milliers ou centaines de milliers de pièces, finissait
par représenter des sommes très importantes.
Laurent Schmitt a pu montrer qu'une " gratte ", parfaitement
officielle et légale, dans les limites de la tolérance autorisée,
de 0,20 grammes par pièce, avait pu faire du Directeur de la
Monnaie de Lille sous Louis-Philippe l'équivalent d'un milliardaire
d'aujourd'hui : il faut dire que les 0,20 grammes gagnés
par pièce portaient sur une production de trente millions
de pièces de 5 francs…..
Les platines peuvent être intéressants car ils sont rares et
collectionnés. Ils se reconnaissent à un tintement particulier,
à un poids légèrement différent des 6,45 grammes réglementaires,
à un flou des motifs et à l'apparition d'une couleur grise aux
points d'usure. Sous Napoléon III, le platine, considéré comme
un sous-produit minier, n'avait pas d'utilisation ni en industrie
ni en bijouterie et valait trois fois moins cher que l'or. Son
poids volumique étant très proche de celui de l'or, sans avoir
le défaut de la mollesse du plomb, il fut utilisé par des faussaires
inventifs pour fabriquer de fausses pièces de 10 et 20 francs
or, dorées en surface avant "utilisation". On peut trouver des
platines dans tous les lots "de famille", qui ne sont pas passés
par les mains de changeurs. Selon l'état de conservation et
la qualité du faux, nous achetons les 20 francs platine entre
le cours et deux fois le cours pour les exemplaires exceptionnels
de qualité et de fabrication.
Les russes sont les faux les
plus fréquents. Ce que je vais rapporter à leur propos fait
partie de ce que les anciens changeurs racontaient aux apprentis,
et que l'on m'a raconté à l'époque.
Si non e vero, e bene trovato et les archives du Kremlin
donneront peut-être un jour le fin mot de cette histoire,
pour peu qu'elles soient consultées à ce propos. On appelle
faux russes des faux à l'or légèrement "vert", d'un jaune très
blanc, probablement fabriqués avec un mélange 900/1000 d'or
et 100/1000 argent/cuivre et non pas 900/1000or/ 100/1000 cuivre.
Les types falsifiés sont toujours le modèle Génie et le modèle
Coq, de nombreuses dates différentes existent. Le faux est frappé
assez mou et les différents monétaires sont très mal rendus.
On prétend que ces pièces furent fabriquées durant la guerre
froide en Union Soviétique avec l'or extrait par les déportés
des camps de concentration, pour être exportées à l'Ouest et
y financer les activités de propagande pro-communiste, journaux,
partis et syndicats stipendiés. L'idée n'était pas mauvaise
car elle rentabilisait une matière première dont l'Union Soviétique
disposait, évitait de gaspiller des devises étrangères dures
à acquérir ; les faux représentaient une valeur importante sous
un volume réduit et leur négociation en France pouvait se faire
sous le couvert de l'anonymat.
La qualité médiocre de ces faux ne dénote pas une grande motivation
du faussaire, leur quantité et qualité très standardisée dénotent
une production quasi-industrielle. L'histoire est donc crédible
et ne demande qu'à être vérifiée par un chercheur dans les archives
russes… On trouve ces faux dans les lots achetés avant 1955/1960.
Ces pièces sont en général aux bons poids et titre et nous les
reprenons à un cours proche de 80% du cours du jour.
Les longues queues sont des
"faux" (?) au modèle Coq, qui ont toutes les caractéristiques
des refrappes Pinay - or très rouge, frappe très ferme à haute
pression, état à Fleur de Coin - mais sont issus de coins différents
des originaux. On les reconnaît à leur aspect général et à une
petite plume de la queue du coq qui dépasse au revers au dessus
du F de Francs. Ces faux furent détectés à la fin des années
1970 par Claude Pompidou qui était chef du Service de l'Or à
la défunte Banque Rotschild. Ils firent alors l'objet d'une
psychose parmi les professionnels tellement ils étaient difficiles
à détecter.
Une enquête officielle fut diligentée, menée par les
experts de la Monnaie de Paris, qui étudièrent
les outillages originaux. En effet, on ignorait si ces coins
variés avaient été fabriqués et utilisés lors de la grande Refrappe
des années Pinay ou s'ils étaient une réalisation moderne de
faussaires libanais ou italiens. La question était d'importance
car la prime de l'époque, énorme, permettait des bénéfices de
l'ordre de 100% à qui aurait pu transformer de l'or de lingots
en napoléons.
La question ne semble pas avoir été tranchée avec certitude
et, avec les années Mitterrand, l'envolée de la Bourse et l'effondrement
de la prime, le sujet semble avoir perdu de son acuité. Ces
"faux"(?) peuvent se trouver dans les lots de coqs achetés après
les années 1950, quelque soit leur provenance.
Les refrappes Pinay
Ces pièces sont des refrappes officielles et en aucun
cas des faux.
Selon le principe du
"Bon Plaisir" que la République Française a repris discrètement
à nos derniers rois, il fut organisé officiellement à partir
des années 1950 une opération de refonte et refrappe des napoléons
de la Banque de France qui, réalisée par un individu privé,
l'aurait envoyé en prison pour une très très longue durée sous
l'inculpation de faux-monnayage.
Les stocks d'or détenus par la Banque de France comprenaient
de nombreuses pièces de "mauvaise
livraison", usées ou abîmées, voire fausses, qu'il n'était
pas possible de remettre sur le marché, celui-ci étant devenu
très exigeant sur la qualité des pièces. Ces pièces posaient
aussi des problèmes de comptabilité, du fait du
frai.
Il fut donc refondu et refrappé des millions de pièces, toutes
au modèle du Coq 1907/1914, donc avec la tranche en LIBERTE
EGALITE FRATERNITE - restons républicains, même dans la tricherie
- et non pas comme sur le modèle 1898/1906, DIEU PROTEGE LA
FRANCE.
Bien évidemment, le public ne fut pas admis à apporter ses napoléons
usés pour les faire remplacer par des neufs, fusse avec une
"prime de fabrication". Cette situation permit aux détenteurs
de refrappes de faire des profits extraordinaires lors de la
hausse de la prime, lorsque le napoléon abîmé, au poids, valait
400 francs, la refrappe neuve en valant de 900 à 950.
Il faut reconnaître à leur décharge que
nos gouvernants n'avaient tellement pas imaginé cette hausse,
conséquence directe de leur incurie et du manque de confiance
des Français dans l'avenir, que l'emprunt Giscard, de funeste
mémoire pour les Finances Publiques, fut lancé avec un napoléon
cotant 75 francs et commença d'être remboursé avec un napoléon
à 900 francs….
Les refrappes sont très difficiles à différencier des originaux
en frappe d'époque. Elles représentent le nec plus ultra de
la qualité de "pièce de bourse" puisqu'elles sont toujours neuves
et n'ont même pas besoin d'être triées.
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