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VALLÉE DU RHÔNE (Ier siècle avant J.-C.)

Potin hybride “au long cou” et “aux doubles paires de cornes” - c. 70- 10 AC.
N° v28_0531
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Diamètre en mm : 13,4 mm
Métal : potin
Poids observé : 1,61 g.
Rareté : Unique État de conservation : TB+ / TB Prix de départ :
150.00 €
Prix d'estimation :
300.00 €
AVERS
Légende : Anépigraphe.
Description : Tête stylisée à gauche avec un casque bombé, le cou en forme d’upsilon.
REVERS
Légende : Anépigraphe.
Description : Deux paires de cornes opposées ; bourrelet périphérique.
N° dans les ouvrages de référence : LT.manque - BN.- - PK.- - Larozascf. page 40-41, 59 - Sch/L.-
Description état de conservation : Potin avec un défaut de coulée, mais parfaitement identifiable. Droit avec un portrait net, mais revers un peu flou. Patine sombre, légèrement granuleuse en surface.
Commentaires à propos de cet exemplaire :
Ce potin se rattache par son droit au classique potin "au long cou" tandis que le revers appartient à la rarissime série dite "aux deux paires de cornes" publiées par C. Larozas. Cette association est inédite. Seulement le groupe B a un droit avec un croissant en guise de bouche qui suggère une tête qui n'a rien à voir avec celle qui orne le droit du potin proposé ici.
Commentaires à propos de ce type monétaire :
Les potins de la Vallée du Rhône sont rares ; les types sont variés, avec souvent seulement quelques exemplaires connus pour chaque série. Le potin dit "au long cou" est le plus abondant. A la page 37, C. Larozas illustre un potin du type au rameau au droit, mais avec un revers "aux doubles paires de cornes" ; les hybrides ne sont pas toujours identifiés en tant que tels. Il semblerait que ces rares potins proviennent d'un nombre limité d'ateliers, ce qui expliquerait les combinaisons inhabituelles de droit et de revers. L'auteur, à la page 59 reprends l'exemplaire hybride dans un tableau mettant en parallèles les droit et les revers ; le potin mentionné plus haut est décrit "Potin au rameau type II, mixte rameau / corme". Il précis qu'il est "impossible de dire que cette combinaison est une volonté délibérée du fondeur". Les mêmes remarques sont valables pour notre exemplaire mixte ou hybride qui associe deux séries différentes. Cette association est inédite et inconnue.
Historique :
Le monnayage de la Vallée du Rhône pose de nombreux problèmes d'attribution géographique ; il fut très longtemps donné aux Voconces qui étaient installés entre la Durance et l'Isère, entre les Cavares et les Allobroges. Leur capitale était Vasio (Vaison-la-Romaine). Nœud routier très important entre l'Italie et la Gaule, l'une des voies permettait de rejoindre Suse par le Mont Genèvre. En fait, cet ensemble de monnaies au cavalier est aujourd'hui réattribué aux Allobroges, peuple dont le territoire recouvre la plus grande partie de la Savoie et du Dauphiné. Entourés par les Séquanes, les Ambarres et les Helvètes au nord et à l'est, par les Voconces au sud et les Ségusiaves et les Helviens à l'ouest sur la rive droite du Rhône, c'était l'un des peuples les plus puissants de la Gaule. Ils contrôlaient le trafic fluvial sur le Rhône à l'entrée du lac Léman, à Genève (Genua), en face des Helvètes et à Vienne (Vienna), leur oppidum. Installés de longue date en Savoie et en Dauphiné, leur origine semble étrangère d'après leur nom et il est possible qu'ils se soient installés en Gaule au IVe ou IIIe siècle avant J.-C. C'est en partie sur leur territoire qu'Hannibal essaya de traverser les Alpes en 218 avant J.-C. Les Allobroges tentèrent néanmoins de s'opposer à son passage. À la fin du IIe siècle avant notre ère, ils rejoignirent la coalition formée par les Arvernes afin de s'opposer à la progression des Romains dans la Vallée du Rhône. Alliés de Bituit (Bituitos), roi des Arvernes, ils furent défaits en 121 avant J.-C. par Cneius Domitius et leur territoire fut agrégé à la nouvelle province de Narbonnaise. Les Cimbres et les Teutons dévastèrent une partie de leur territoire à la fin du Ier siècle avant J.-C. Ils appelèrent les romains à la rescousse. Puis, ce fut au tour des Helvètes en 58 avant J.-C. quand ces derniers essayèrent de traverser leur territoire afin de rejoindre Saintes. En 61 avant J.-C., les Allobroges se révoltèrent contre la férule romaine et la mauvaise administration d'un procurateur. La révolte fut écrasée l'année suivante. Les Allobroges ne participèrent pas à la campagne de 52 avant J.-C. et restèrent fidèles aux Romains bien qu'ayant reçu des ambassades secrètes et des offres d'alliance de la part de Vercingétorix. Sources : Polybe (H. III, 49-51) ; César (BG. I, 6, 10, 11, 14, 28 et 44 ; III, 1 et 6 ; VII, 64 et 65) ; Tite-Live (HR. XXI, 31) ; Strabon (G. IV, 1). Pline (HN. II, 150 ; III, 34, 37 et 124 ; VII, 78 ; XIV, 83 ; XXIX, 54). Kruta (63, 71, 290, 300-302, 308-310, 338, 404, 853, 860 et 864).

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