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JUDAÏCA
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L'histoire des juifs croise plusieurs fois celle des Romains et un collectionneur s'intéressant à l'histoire juive va rechercher, outre les monnaies juives elles-mêmes, toutes les monnaies romaines frappées en Palestine ou à propos des Juifs. Au début de la conquête, Rome laisse aux Juifs leur organisation politique et va seulement servir d'arbitre entre les fils d'Hérode. Malheureusement le vainqueur devait être celui qui aurait payé l'arbitre le plus cher : une guerre civile s'ensuivit, obligeant les légions à intervenir, non seulement en Palestine, mais encore dans les grandes villes de la région, Alexandrie et Antioche où des ressentiments anti-juifs avaient dégénérés en émeutes sanglantes. Ceci ne porta pas bonheur au corrompu, qui fut accusé de haute trahison pour avoir utilisé son titre militaire et les légions de Rome pour son profit personnel. Les Romains avaient eu le bon sens de ne rien changer aux structures politiques, économiques et religieuses des peuples conquis dont la fonction était avant tout de payer des impôts... Ils avaient créé un système juridique où chaque individu suivait les droits et devoirs de son peuple, où qu'il soit dans l'Empire. Les Juifs avaient obtenu d'être toujours séparés des autres peuples et par exemple, de ne pas accomplir de "service militaire" où les juifs pieux auraient pu se trouver au contact impur de non-juifs. En contre-partie, ils payaient plus d'impôts. De nombreuses monnaies de bronze sont frappées durant cette période, d'une part par les grand-prêtres juifs et par leurs rois, d'autre part par les procurateurs romains dont Ponce-Pilate, du temps de Jésus, est le plus célèbre. Ces monnaies, assez mal fabriquées, ont beaucoup circulé et les exemplaires exceptionnels atteignent des prix très élevés. Ceux de conservation courantes se trouve en revanche entre deux cent et mille francs. Malheureusement, les romains, sous le règne de l'empereur fou Caligula, ne vont pas respecter leurs propres règles et l'empereur voudra sa propre statue dans le temple de Jérusalem. Le blasphème déclenche une guerre civile qui fera de nombreux morts. Quelques années plus tard de multiples raisons économiques et religieuses feront éclater la première grande révolte juive : les légions sont expulsées de Palestine, Jérusalem est libérée. Le général Vespasien réunit des troupes et engage la contre-attaque mais la situation politique est tellement compliquée (nous sommes à la fin du règne de Néron qui, complètement fou, se prenant pour un artiste, aurait mis le feu à Rome...) que ce n'est qu'après l'assassinat de Néron et le coup d'état de Vespasien que son fils Titus, aidé par les trahisons et dissensions entre Juifs, va terminer la guerre dans une boucherie et une nouvelle ruine du temple construit par Hérode. Les monnaies qui célèbrent cette victoire sont nombreuses et plusieurs deniers et sesterces proclament JUDEA CAPTA, la (Judée vaincue). Très recherchés, ils sont relativement faciles à trouver si l'on veut bien payer entre mille et trois mille francs le denier et nettement plus pour un beau sesterce. Des monnaies ont aussi été frappées par les révoltés : fabriquées dans l'urgence, les très beaux exemplaires sont au delà de cinq mille francs. La deuxième révolte éclatera sous Hadrien qui avait décidé de construire un temple de Jupiter sur les ruines du Temple. Elle sera menée par Simon Bar Kosiba et se terminera non seulement par une épouvantable boucherie mais par le début effectif de la Diaspora : les Juifs sont interdits d'entrée à Jérusalem. Les romains, toujours pragmatiques, refusent en revanche de les chasser des autres villes où ils sont parfois installés depuis très longtemps, comme Alexandrie où ils sont arrivés avec les Grecs, trois siècles avant J.-C., car ils n'ont plus de pays. Les émeutes d'Antioche et d'Alexandrie où les populations excédées veulent chasser les Juifs sont matées dans le sang par les romains. Les monnaies de cette révolte sont surtout fabriquées à partir de monnaies romaines contemporaines surfrappées : le shekel se trouve difficilement à moins de deux mille francs et la pièce de quatre shekalim atteint facilement les dix mille francs. Il n'aura plus, après la deuxième révolte, de monnaies juives mais seulement les monnaies israéliennes après 1948. De nombreux graveurs juifs ont en revanche créé des chefs d'oeuvres, tant en monnaies qu'en médailles, qui sont activement recherchés. Les livres à consulter sur le sujet sont, hélas, tous en anglais ou en hébreu. Le plus accessible est Coins of the Bible par David Hendin, publié à New York et disponible sur commande en France. Michel PRIEUR |
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