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CONSTANTIN
ET LA CHRÉTIENTÉ
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De même que la révolution française avec ses excès ne pouvait déboucher que sur un pouvoir militaire fort, il finit par émerger des ruines et des raids des barbares un homme qui, s'il va transformer l'Empire en une monarchie orientale, va aussi lui rendre un avenir. Dioclétien, né vers 245 dans une pauvre famille de Dalmatie, en Croatie actuelle, va s'élever dans la hiérarchie militaire jusqu'au poste de chef de la garde impériale, chargée de la protection rapprochée de l'empereur. Après l'assassinat de Carin, le dernier des trente tyrans, il va régner vingt ans et changer complètement la nature politique de l'empire romain. Ses réformes vont être achevées par Constantin, fils d'un collègue de Dioclétien. Habile administrateur, bon militaire, très bon politique, il va assurer aux peuples de l'Empire ce qu'ils ont perdu depuis presque un siècle : la Loi et l'Ordre, à l'intérieur et aux frontières de l'Empire. Il est le premier empereur chrétien car, s'il ne sera baptisé effectivement que sur son lit de mort, l'influence de la nouvelle religion sera totale durant la fin de son règne. Dieu, (Dieu et non plus les dieux!) s'est manifesté à lui ! En réalité, ce sont les ministres chrétiens, au moins aussi bons politiques que leur empereur, qui vont lui interpréter un rêve et ce, après la bataille où il remporte la victoire. Constantin lutte à mort contre un autre prétendant au trône, Maxence, et la bataille décisive va avoir lieu près du pont Milvius sur le Tibre, près de Rome. Il rêve d'un signe étrange dans le ciel tandis qu'une voix gigantesque proclame : "HOC SIGNO VICTOR ERIS !" car Dieu lui parle en latin : "PAR CE SIGNE TU VAINCRAS !" . Le signe, "un X barré d'un I infléchi sur son sommet", en grec, langue originelle de l'Eglise, l'abréviation du nom de Christ. On y adjoindra ultérieurement sur les monnaies la première et la dernière lettre de l'alphabet grec, l'alpha et l'oméga, symboles divins pour les chrétiens de l'époque car Dieu est le commencement et la fin de toutes choses. Avec Constantin, la chrétienté devient officielle et, pour montrer que le vieil empire romain païen n'est plus, il va déplacer la capitale de l'Empire de Rome à Constantinople. Etrange retournement des destins, Rome est aujourd'hui le symbole même du christianisme quand Constantinople s'appelle Istanbul et se trouve en Turquie... La numismatique de Constantin et sa famille, s'il est vrai qu'elle est beaucoup moins variée que celle des époques précédentes, est un régal pour le vrai collectionneur. Les finances romaines, s'il est vrai qu'elles se sont redressées, ne permettent pas de généraliser la circulation de l'or et de l'argent, comme sous le Haut-Empire. L'or circule très peu, l'argent presque pas, mais le bronze est frappé dans des quantités incroyables : imaginons un monde sans banques, ni chèques, ni billets et où la plus grosse pièce utilisée par la population est une pièce de dix francs... Des milliers de petites monnaies de bronzes différentes, frappées
dans une vingtaine d'ateliers, de Londres à Alexandrie en passant
par Arles, Lyon et Trêves, souvent faciles à dater, comportant
un nombre infini de variétés de portraits de l'empereur
et de sa famille, le tout souvent en très bel état pour
moins de deux cent francs par pièce ! Bien entendu, ces monnaies
sont tellement variées qu'il arrive souvent que pour une somme
modique, l'on puisse acquérir une variété manquant
au Cabinet des Médailles de Paris, dont la collection de monnaies
a été commencée par les rois de France vers la
fin de la Guerre de Cent ans ! Pas encore la gloire pour le collectionneur,
mais presque : lorsqu'il existe une grande collection de référence,
quel plaisir pour le vrai collectionneur d'avoir une monnaie qui y fait
défaut ! |
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