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COMMENT
LES FABRIQUAIENT-ILS ?
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La première remarque du profane qui découvre une monnaie romaine : "Mais elle n'est pas ronde !". Nous sommes tellement habitués à la rigueur industrielle depuis trois siècles que l'idée d'une monnaie fabriquée à la main surprend. Les scalptores des ateliers monétaires gravaient effectivement les matrices, "coins monétaires", à la main, directement sur l'extrémité de petits cylindres métalliques qui étaient ensuite trempés pour les durcir. D'autres ouvriers, les malleatores, fabriquaient de petits disques de métal, les "flans monétaires", avec une excellente précision de poids : la valeur étant liée au contenu d'or ou d'argent, il était essentiel que le poids soit très régulier. Le "coin" de revers était fixé dans une enclume, le coin d'avers serré dans des pinces, le flan métallique posé entre les deux, un grand coup de marteau et la monnaie terminée tombait dans un panier... Ceci explique qu'elle ne soit que très rarement parfaitement ronde ! Une autre particularité est que chaque pièce est unique et reconnaissable : les coins, gravés à la main, n'étaient pas reproduits à l'identique à partir d'une seule matrice, comme aujourd'hui, mais gravés individuellement. Les romains ne connaissaient pas l'acier et les coins ne dépassaient pas 5 ou 10.000 exemplaires frappés : la probabilité de trouver deux monnaies frappées avec la même paire de coins est faible et celle que ces deux monnaies soient centrées de la même manière sur un flan exactement identique est nulle. Chaque monnaie est donc reconnaissable et on trace, dans les catalogues, les exemplaires de collections célèbres depuis plusieurs siècles ! Autre thème de recherche historique qui ne nécessite même pas d'acheter les monnaies : la chronologie par coins. Les coins s'usant ou se cassant à des rythmes différents pour le portrait et pour le revers, les changements se décalent et l'on peut reconstituer la suite logique des coins à partir des exemplaires retrouvés. Personne n'a encore généralisé le procédé pour les émissions romaines mais l'on connaît une série monétaire qui a été reclassée complètement selon ce principe : les deniers de la deuxième révolte juive de Simon Bar Kosiba. L'ouvrage de référence donne la liste des coins avec l'illustration de chacun et quelques collectionneurs cherchent à reconstituer la collection complète de toutes les paires de coins connus...
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