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LES BRONZES ROMAINS DU HAUT EMPIRE

Sous la République, le bronze après avoir été l'élément fondamental du monnayage disparut peu à peu de la circulation, remplacé par l'argent, le denier en particulier, les bronzes républicains ayant une durée de vie très longue.

Auguste réorganisa le monnayage entre 27 et 19 avant J.-C. et réintroduisit l'usage du monnayage de bronze. Le nouveau système est basé sur une pièce d'une once, (c. 27 g ou 24 scrupules ; la livre romaine d'environ 325 g contenait 288 scrupules ; 1 scrupule = 1,125 g) que nous appelons sesterce (HS) et que les anglais nomment AE1 ou grand bronze. Cette monnaie est normalement en laiton ou orichalque, car à l'état naturel ou nettoyé, elle brille comme de l'or. Cette nouvelle dénomination vaut 2 dupondii, pesant une demi-once, (poids théorique 13,50 g. ou 12 scrupules) en orichalque ou 4 as de cuivre (poids théorique 10,125 ou 9 scrupules). L'as est subdivisé en 2 semis ou 4 quadrans. Comme l'or ou aureus vaut 25 deniers et 100 sesterces et que sous Auguste, le titre des monnaies précieuses est proche du pur, nous avons les rapports entre les métaux suivants :

1 aureus = 25 deniers = 100 sesterces = 400 as, sachant que l'aureus pèse 7,73 g (1/42 L., presque 7 scrupules) et q'un denier pèse 3,87 g (1/84 L, presque 3,5 scrupules), nous avons
le ratio or/argent : 12,5 ; ratio or/orichalque : 350 ; ratio or/cuivre : 525 ; ratio argent/orichalque : 30 ; ratio argent/cuivre : 42.

Ces rapports restent stables dans l'évaluation mais sont modifiés pondéralement par la Réforme monétaire de Néron en 64. L'aureus ne pèse plus que 7,21 g (1/45 L., soit 6,5 scrupules) et le denier, que 3,38 g (1/96 L., ou 3 scrupules). Le poids du bronze ne bouge pas

Ratio or/argent : 11,8 ; ratio or/orichalque : 375 ; ratio or/ cuivre : 560 ; ratio argent/orichalque : 32 ; ratio argent/cuivre : 48.

A partir de Néron, normalement le dupondius se distingue assez facilement de l'as, en dehors de la couleur jaune ou rouge, grâce à la couronne radiée ou solaire qui normalement orne le buste sur le dupondius. Semis et quadrans ne sont frappés que sporadiquement sous le règne de Néron, des Flaviens et des Antonins. La fabrication semble s'interrompre sous Marc Aurèle. Ces monnaies divisionnaires ne servant plus alors que de téssères frumentaires, alimentaires ou de nécessité.

Au Haut-Empire, pour être sénateur, il faut avoir une fortune (cens) d'un million de sesterces ou 10.000 aurei, soit plus de 70 kilogrammes d'or, en bien fonds et de 400.000 sesterces pour un chevalier ou 4.000 aurei . Pour comparaison, un hectare de terrain sous Vespasien en Italie vaut de 300 à 500 sesterces. Un esclave sous le règne de Néron, coûte entre 3.000 et 15.000 sesterces, en fonction du sexe et de l'âge, mais un grammairien (professeur), 750.000 sesterces.
Au niveau alimentaire, un modius de blé (environ 6 kg) vaut 3 sesterces ou 12 as, celui de froment, 30 as ; une mesure de vin ordinaire coûte 1 as, une tunique 15 sesterces, une lampe à huile 1as.

A partir du règne de Commode, le poids des monnaies de bronze s'abaisse, devant l'érosion monétaire du titre du denier qui passe de 90 à 50% de Néron à Commode. Septime Sévère et son fils Caracalla essayent de redresser la situation. Finalement la frappe du monnayage de bronze s'interrompt sous Gallien. Trajan Dèce, puis Postume essaieront de rétablir l'orthodoxie monétaire, en créant une nouvelle dénomination monétaire éphémère, le double sesterce qui ne peut résister à la crise économique et aux invasions barbares. Néanmoins, les monnaies de bronze vont circuler pour leur valeur au poids jusqu'à la réforme d'Aurélien. Il faudra attendre la réforme monétaire de Dioclétien en 294 pour voir renaître une nouvelle dénomination de bronze, le nummus ou le follis qui n'est qu'une pâle imitation du grand bonze du Haut-Empire.

Laurent SCHMITT

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