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LOUIS XIV LE GRAND OU LE ROI SOLEIL (14/05/1643-01/09/1715)

Écu aux insignes - 1702
N° v11_1061
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Nom de l'atelier : Tours, réformation, trèfle en début de légende du revers
Lettre d'atelier : E
Emplacement atelier : E sous l'écu
Diamètre en mm : 41,5 mm
Axe des coins : 6 h.
Métal : Argent
Poids observé : 26,61 g.
Poids théorique : 27,194 g.
Taille : 1/9 marc
Titre en millième : 917°/oo
Titre ancien : 11d.°
Valeur : 76 st.
Tranche : (fleuron). DOMINE (fleuron) (lis) (fleuron). SALVVM. (fleuron) (lis) (fleuron). FAC .(fleuron) (lis) (fleuron) REGEM (lis) (soleil) (lis)
Position de Tranche : tranche B
État de conservation : TB+ Prix de départ :
182.94 €
Prix Réalisé :
182.94 €
Nombre d'Offres :
1
Meilleure Offre :
182.94 €
AVERS
Légende : LVD. XIIII. D: G (soleil) - .FR. ET. NAV. REX (Mm).
Traduction : (Louis XIV, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre).
Description : Buste de Louis XIV à droite, cuirassé avec la grande perruque.
REVERS
Légende : .(trèfle). SIT. NOMEN. DOMINI. BENEDICTVM (Mg) 1702.
Traduction : (Béni soit le nom du Seigneur).
Description : Écu rond de France couronné brochant sur une main de justice et un sceptre fleurdelisé ; au-dessous lettre d'atelier.
Maître d'Atelier : Cœur en fin de légende du revers = Gaspard Perrin (1701-1704) Maître graveur : Croix avant le millésime = Claude II Thomas (1699-1722) Graveur : Joseph Röettiers (1635-1703) Graveur général : Joseph Röettiers (1682-1703)
N° dans les ouvrages de référence : C.1907 - G.220 - Sobin319 - SCF.11A (6 ex.) - Dr.347
Description état de conservation : Cet écu est frappé sur un flan large laissant apparaître une bonne partie des grènetis extérieurs. Le revers présente une tache au niveau de la couronne sommant l’écu de France. Des traces de la monnaie réformée sont visibles au droit.
Commentaires à propos de cet exemplaire :
Cet écu est frappé sur un écu aux palmes de Louis XIV (atelier et millésime indéterminés).
Commentaires à propos de ce type monétaire :
Les chiffres des réformations ne sont pas conservés pour Tours en 1702. Les différents des directeurs et des graveurs sont inédits et issus de nos recherches aux Archives nationales. Dans un document d'archives inédit le directeur indique qu'il « a pris pour différend un cœur » : ce cœur se retrouve en fin de légende du revers. La croix avant le millésime est le différent du graveur Claude II Thomas qui fut installé à Tours le 4 mai 1699 ; ce graveur donna sa démission par acte du 31 mai 1722.
Historique :
Le règne de Louis XIV est le plus long et le plus glorieux de l'histoire de France. Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, né le 5 septembre 1638, le troisième roi Bourbon monta sur le trône en 1643 et y demeura pendant soixante-treize années. Il mourut le 1er septembre 1715, âgé de soixante-dix-sept ans. Entre 1643 et 1661, sous la régence d'Anne d'Autriche et le ministère du cardinal Mazarin, l'absolutisme se construit dans le combat : lutte intérieure contre la Fronde, lutte extérieure contre l'Espagne. Le règne personnel de Louis XIV commence en 1661, lorsque le jeune roi décida de " gouverner par lui-même ". La monarchie absolue atteint alors son apogée, le roi étant entouré d'une équipe de ministres exceptionnels : Le Tellier, Louvois, Colbert, Seignelay. Cette période faste prend fin au cours des années 1680, avec les premiers revers, la révocation de l'édit de Nantes (1685), la fin des grands succès extérieurs et la disparition progressive de l'entourage des premières années (Colbert meurt en 1683, Le Tellier en 1685, Seignelay en 1690, Louvois en 1691). La troisième et dernière partie du règne, entre 1685 et 1715, est plus difficile. Le roi vieillissant ne retrouve pas de semblables collaborateurs. Glorieux, ce règne fut d'abord un règne guerrier. Jamais la France ne connut autant de guerres : guerre de Trente Ans, achevée avec l'Empire en 1648, avec l'Espagne seulement en 1659, guerre de Dévolution (1667-1668), guerre de Hollande (1672-1678), guerre avec l'Espagne (1684), guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-1697), guerre de Succession d'Espagne (1701-1713). Jamais elle ne connut plus de victoires et plus de conquêtes : en 1648, les traités de Westphalie lui donnaient l'Alsace, en 1659, la paix des Pyrénées l'Artois et le Roussillon ; en 1668, par la paix d'Aix-la-Chapelle, elle gagnait la Flandre ; en 1678, par le traité de Nimègue, la Franche-Comté. En 1681, le roi annexait Strasbourg. Les décennies suivantes furent moins heureuses : en 1697 (traité de Ryswick), la France céda Luxembourg ; en 1713 et 1714 (traités d'Utrecht et de Rastadt), elle abandonna l'Acadie, prélude à la perte de l'Amérique, cinquante ans plus tard. Le règne de Louis XIV correspond donc assez exactement à l'âge de la prépondérance française en Europe : la France a supplanté l'Espagne ; elle sera bientôt supplantée par l'Angleterre, qui détient l'empire des mers et les étendues du Nouveau Monde. À la gloire du roi victorieux et conquérant s'ajoute la gloire du roi administrateur, législateur, protecteur des arts et des lettres. Louis XIV et ses ministres ont donné sa perfection à la construction monarchique : la législation est réformée, la noblesse soumise, les provinces domptées, l'hérésie renversée, artistes et écrivains se mettent au service du pouvoir royal. Lex una sub uno sole : " une seule loi sous un seul soleil " : tout doit tourner autour de l'astre-maître. L'Europe entière ressent l'attraction et le prestige de Versailles. La réalité est sans doute moins brillante que ce programme flatteur : l'administration royale demeure trop peu nombreuse pour encadrer réellement le royaume le plus vaste et le plus peuplé de l'Europe ; les particularismes résistent ; les Protestants partent enrichir les ennemis de la France. Il n'en reste pas moins que c'est l'image du roi de gloire qui s'est imposée dans les mémoires, telle que Louis XIV l'avait décidée et voulue. Là réside le vrai triomphe de ce prince : pour la France et pour l'Europe, pour le siècle suivant et pour les siècles à venir, pour les contemporains comme pour la postérité, il fut et demeure le roi par excellence. Monnaies et médailles, qui nous restituent le profil jupitérien du grand monarque, participent de cette volonté et de cette réussite. Louis XIV leur porta une attention particulière : le Grand Siècle est aussi un grand siècle de la numismatique.

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