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LOUIS XIV LE GRAND OU LE ROI SOLEIL (14/05/1643-01/09/1715)

Quart d'écu d'argent à la mèche longue - 1649
N° v11_1013
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Nom de l'atelier : Toulouse
Lettre d'atelier : M
Emplacement atelier : M à la pointe de l'écu
Quantité frappée : 84744 exemplaires
Diamètre en mm : 27 mm
Axe des coins : 6 h.
Métal : Argent
Poids observé : 6,84 g.
Poids théorique : 6,862 g.
Taille : 1/35 2/3 marc
Titre en millième : 917°/oo
Titre ancien : 11 d. °
Valeur : 15 st.
Rareté : R État de conservation : TTB Prix de départ 228.67 € Monnaie Invendue
AVERS
Légende : .LVD. XIIII. D. G. (Mm) - .FR. ET. NAV. REX.
Traduction : (Louis XIV, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre).
Description : Buste enfantin de Louis XIV à droite, lauré, drapé et cuirassé à l'antique, portant l'ordre du Saint-Esprit, une longue mèche descendant sur la cuirasse ; au-dessous (Mm).
REVERS
Légende : .SIT. NOMEN. DOMINI - M - .BENEDICTVM. 1649.
Traduction : (Béni soit le nom du Seigneur).
Description : Écu de France couronné.
Maître d'Atelier : Cœur navré au-dessus du buste = Christophe de Jouy (1647-1650) Maître graveur : Coquille sous le buste Graveur : Jean Warin (1604-1672) Graveur général : Jean Warin (1646-1672)
N° dans les ouvrages de référence : C.1851 - G.140 - Dr.280 - Dy.1471 - Dr.2/304
Description état de conservation : Ce quart d’écu est frappé sur un flan assez large et régulier. Le revers a été frappé avec un carré présentant de petites cassures de surface à gauche de l’écu de France. Une légère patine de collection recouvre cet exemplaire.
Commentaires à propos de ce type monétaire :
L’atelier de Toulouse frappa de tels quarts d’écu de 1648 à 1656, puis de nouveau en 1659. D'après nos recherches inédites aux Archives nationales, l'atelier de Toulouse ne frappa pas d'or en 1649. La boîte du travail de 1649 contenait en effet seulement des écus, des demis, des quarts et des douzièmes d'écu. Toujours d'après nos recherches inédites, le cœur navré placé au-dessus du buste du roi est le différent du maître Christophe de Jouy qui exerça à partir du 20 mai 1647 et jusqu'à l'année 1650.
Historique :
Le règne de Louis XIV est le plus long et le plus glorieux de l'histoire de France. Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, né le 5 septembre 1638, le troisième roi Bourbon monta sur le trône en 1643 et y demeura pendant soixante-treize années. Il mourut le 1er septembre 1715, âgé de soixante-dix-sept ans. Entre 1643 et 1661, sous la régence d'Anne d'Autriche et le ministère du cardinal Mazarin, l'absolutisme se construit dans le combat : lutte intérieure contre la Fronde, lutte extérieure contre l'Espagne. Le règne personnel de Louis XIV commence en 1661, lorsque le jeune roi décida de " gouverner par lui-même ". La monarchie absolue atteint alors son apogée, le roi étant entouré d'une équipe de ministres exceptionnels : Le Tellier, Louvois, Colbert, Seignelay. Cette période faste prend fin au cours des années 1680, avec les premiers revers, la révocation de l'édit de Nantes (1685), la fin des grands succès extérieurs et la disparition progressive de l'entourage des premières années (Colbert meurt en 1683, Le Tellier en 1685, Seignelay en 1690, Louvois en 1691). La troisième et dernière partie du règne, entre 1685 et 1715, est plus difficile. Le roi vieillissant ne retrouve pas de semblables collaborateurs. Glorieux, ce règne fut d'abord un règne guerrier. Jamais la France ne connut autant de guerres : guerre de Trente Ans, achevée avec l'Empire en 1648, avec l'Espagne seulement en 1659, guerre de Dévolution (1667-1668), guerre de Hollande (1672-1678), guerre avec l'Espagne (1684), guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-1697), guerre de Succession d'Espagne (1701-1713). Jamais elle ne connut plus de victoires et plus de conquêtes : en 1648, les traités de Westphalie lui donnaient l'Alsace, en 1659, la paix des Pyrénées l'Artois et le Roussillon ; en 1668, par la paix d'Aix-la-Chapelle, elle gagnait la Flandre ; en 1678, par le traité de Nimègue, la Franche-Comté. En 1681, le roi annexait Strasbourg. Les décennies suivantes furent moins heureuses : en 1697 (traité de Ryswick), la France céda Luxembourg ; en 1713 et 1714 (traités d'Utrecht et de Rastadt), elle abandonna l'Acadie, prélude à la perte de l'Amérique, cinquante ans plus tard. Le règne de Louis XIV correspond donc assez exactement à l'âge de la prépondérance française en Europe : la France a supplanté l'Espagne ; elle sera bientôt supplantée par l'Angleterre, qui détient l'empire des mers et les étendues du Nouveau Monde. À la gloire du roi victorieux et conquérant s'ajoute la gloire du roi administrateur, législateur, protecteur des arts et des lettres. Louis XIV et ses ministres ont donné sa perfection à la construction monarchique : la législation est réformée, la noblesse soumise, les provinces domptées, l'hérésie renversée, artistes et écrivains se mettent au service du pouvoir royal. Lex una sub uno sole : " une seule loi sous un seul soleil " : tout doit tourner autour de l'astre-maître. L'Europe entière ressent l'attraction et le prestige de Versailles. La réalité est sans doute moins brillante que ce programme flatteur : l'administration royale demeure trop peu nombreuse pour encadrer réellement le royaume le plus vaste et le plus peuplé de l'Europe ; les particularismes résistent ; les Protestants partent enrichir les ennemis de la France. Il n'en reste pas moins que c'est l'image du roi de gloire qui s'est imposée dans les mémoires, telle que Louis XIV l'avait décidée et voulue. Là réside le vrai triomphe de ce prince : pour la France et pour l'Europe, pour le siècle suivant et pour les siècles à venir, pour les contemporains comme pour la postérité, il fut et demeure le roi par excellence. Monnaies et médailles, qui nous restituent le profil jupitérien du grand monarque, participent de cette volonté et de cette réussite. Louis XIV leur porta une attention particulière : le Grand Siècle est aussi un grand siècle de la numismatique.

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