Souhaitant garder l’anonymat, l’inventeur Karl, fils
de la propriétaire de la maison du Loiret où fut découvert
le trésor, a baptisé ce dépôt monétaire « le
trésor de Karl ».
Il fut découvert fortuitement le 7 septembre 2003 lors de travaux
de restauration.
Le 14 octobre 2002, ce trésor a été déposé pour étude
au Comptoir Général Financier et a été déclaré le
jour même auprès du Service Régional de l’Archéologie
de la région Centre. Plusieurs photographies ont été prises
par l’inventeur au moment de la découverte : on y voit notamment
les deux poteries cachées par une tuile, une autre tuile protégeant
leur partie supérieure. Des morceaux de tissus de récupération
obturaient la partie supérieure des poteries. L’une d’elle
contenait des écus et un seul louis d’or emballé dans
un morceau de papier, l’autre poterie conservait des écus,
et douze louis d’or placés au fond.
Les poteries sont en grès et devaient être d’anciennes
bouteilles dont le col a été cassé afin d’y
placer des monnaies. Au total, ce dépôt monétaire était
composé de 161 monnaies (13 louis d’or et 148 écus
d’argent) qui n’ont pas nécessité de nettoyage.
La composition de cet ensemble est assez classique pour un trésor
enterré sous la Révolution française, - durant le
premier semestre 1791 - il contenait uniquement des monnaies au nom de
Louis XV (1715-1774) et de Louis XVI (1774-1793), frappées à partir
de la grande réforme monétaire de 1726. Une analyse minutieuse
de ce trésor a permis de détecter trois fausses monnaies
(n° 159-161 du catalogue), dont un faux probablement réalisé à la
Monnaie de Paris, par un monnayeur indélicat. On ne peut s’empêcher
de mettre en relation l’enfouissement de ce trésor avec
l’insécurité de la période révolutionnaire.
A. Clairand
Clairand@cgb.fr