Rome XIII - LE MONNAYAGE DE
CLAUDE II LE GOTHIQUE ET DE QUINTILLE

 

Le problème de la chronologie du règne de Claude II.

La chronologie du règne de Claude II présente un problème qui semble insoluble. L’étude des papyri a incité les historiens à dater le règne de Claude II de septembre 268 à la mi-août 270. C’est la chronologie généralement acceptée de nos jours. Cependant, après avoir étudié en détail le monnayage de Claude II, H. Huvelin remarqua que tous les ateliers monétaires de l’Empire auraient, si l’on suit cette chronologie, cessé de battre monnaie vers la fin 269 pour ne rouvrir leurs portes que sous le bref règne de Quintille (NAC, 1992, p. 309-322). Comment l’Empire, en cette période de crise, aurait-il pu se passer de battre monnaie pendant près d’un an, alors que son droit de battre monnaie constitue une de ses plus importantes sources de revenus ? D’ailleurs, si tel était le cas, il n’y aurait aucun précédent dans l’histoire de l’Empire romain. H. Huvelin propose par conséquent de reprendre la chronologie de P. Damerau, lequel estimait que Claude II accéda au pouvoir vers le début de l’année 269 et mourut vers le début de l’année 270 (Kaiser Claudius II Goticus, Klio, 20, Leipzig, 1934). Cette chronologie, qui semble pourtant incompatible avec certains papyri égyptiens, s’accorde mieux avec la logique des émissions monétaires.

Dans le présent article, nous utiliserons la chronologie généralement acceptée (septembre 268 à la mi-août 270). Cependant, le problème soulevé par H. Huvelin mériterait que plusieurs papyrologues s’attachent à une relecture des papyri et des inscriptions, dans le but d’accorder ces différentes sources parfois contradictoires.

Le problème des DIVO CLAVDIO.


Un important monnayage de consécration, auquel participèrent les ateliers de Milan, Rome, Siscia et Cyzique, fut frappé au nom de Claude II. A cela s’ajoute un important numéraire d’imitations, parfois appellées minimi (petites monnaies de faible module) ou confondues avec les imitations barbares (voir plus loin « Imitations italiennes »). Les monnaies des différents ateliers se distinguent essentiellement par le style. Au droit figure généralement la légende DIVO CLAVDIO avec un buste radié du Divin Claude II. Au revers, la légende CONSECRATIO est accompagnée de deux types : aigle de face ou autel allumé.

Depuis longtemps, les savants se posent la question s’il faut attribuer ces monnaies au règne de Quintille, frère et successeur de Claude II, ou à celui d’Aurélien qui prétendait être le légitime successeur de Claude II.

Au Cabinet de Vienne, se trouve une intéressante monnaie d’Aurélien, frappée à Cyzique, surfrappée par des coins de DIVO CLAVDIO (Normanby p. 145). Pour Cyzique, on a donc la certitude que des DIVO CLAVDIO furent frappés sous le règne d’Aurélien. Cependant, rien n’empêche de penser que sa production débuta sous le règne de Quintille.

Pour les autres ateliers, plusieurs chercheurs tentèrent de donner une réponse définitive en étudiant les poids : pour chaque atelier, le but est de savoir si le poids moyen des DIVO CLAVDIO est plus proche de celui des monnaies de Quintille ou des monnaies de la première émission d’Aurélien. Les résultats ne permettent pas de conclure de manière définitive mais tendent, dans l’ensemble, à placer l’essentiel des DIVO CLAVDIO sous le règne d’Aurélien. Cependant, pour Siscia et Milan, il n’est pas exclu que la frappe eut lieu, au moins en partie, sous le règne de Quintille.




Milan

Rome

Imitation italienne




Siscia

Cyzique

 

 

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Jérôme Mairat