| L'ATELIER MONÉTAIRE DE LAODICÉE |
L'ATELIER MONÉTAIRE DE LAODICÉE.
Si l'attribution d'un atelier monétaire à Émèse reste conjecturale, les arguments en faveur d'un atelier à Laodicée ont beaucoup plus de poids. En 193, Pescennius Niger, acclamé empereur par ses troupes, prend Antioche pour capitale et bat monnaie dans cette ville. Les émissions monétaires orientales ne peuvent donc provenir d'Antioche, qui est pourtant la capitale de la Syrie. Après la défaite de Niger, Antioche perdit beaucoup de ses privilèges pour avoir soutenu l'ennemi de Septime Sévère, ce qui profita à Laodicée, une autre grande ville de Syrie, qui avait soutenu Sévère contre son rival.
L'atelier de Laodicée ouvrit ses portes en même temps que celui d'Émèse vers la fin de l'année 193 et joua le même rôle face au monnayage de Niger. Les nombreuses légendes fautives et les monnaies hybrides (revers de Domna avec un portrait de Sévère par exemple) révèlent que la Monnaie de Laodicée battait monnaie avec beaucoup moins de rigueur que l'atelier de Rome. L'atelier syrien n'était certainement pas divisé en officines comme pouvait l'être celui de Rome.
À partir de 197, la production monétaire de Laodicée devient très importante, suite au besoin en numéraire créé par la présence de Sévère et de son armée durant la campagne parthique. Les types de revers sont empruntés à ceux de Rome. Les monnaies apportées par les soldats de l'armée impériale ont pu servir de prototypes.
En 198, l'atelier syrien entre dans une seconde phase et émet en abondance, au détriment d'Émèse qui ferme ses portes. Les portraits et les légendes sont beaucoup plus soignés que lors de la précédente phase (193-197), les légendes fautives se font plus rares. Il semblerait que la nécessité d'un abondant monnayage pour l'armée, située à proximité, contraignit la Monnaie de Laodicée, dont le rôle est devenu primordial, à battre un monnayage plus soigné. La présence de nouveaux graveurs dans l'atelier devint probablement indispensable.
La Monnaie de Laodicée joua un rôle privilégié durant la campagne parthique qui se termina en 199. Sévère et Caracalla rentrent à Rome en 202, après avoir visité l'Égypte.
L'existence de rares monnaies au nom de Plautille frappées à Laodicée nous permet de placer un terminus post quem pour la date de fermeture de l'atelier syrien. La rareté de ces monnaies, dont le prototype a été frappé à Rome au cours de l'année 202 nous permet de supposer que l'atelier de Laodicée ferma ses portes peu de temps après le mariage de Caracalla et de Plautille, probablement vers la fin de l'année 202.
Jérôme MAIRAT
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