GORDIEN III


INTRODUCTION

ROME VII reprend les mêmes méthodes que nos catalogues ROME précédents : tout notre fonds concernant un empereur et sa famille, reclassement éventuel des émissions selon la théorie des cycles, illustration d'un maximum de monnaies sur la version papier et de la totalité, en couleurs et en plein écran, dans la version internet, en terminant par une large sélection de monnaies de l'Empire.

La présentation de Gordien permet d'aborder une période où, déjà, les documents historiques contemporains se font rares et où la numismatique peut permettre d'éclairer les informations tronquées et souvent biaisées fournies par l'Histoire Auguste et les rares documents d'époque. Antioche, la capitale de l'Orient de l'Empire est-elle tombée aux mains de Perses en 241 ?

Dans son commentaire novateur sur les émissions de Gordien, Jérôme Mairat, dans le cadre plus général des émissions de l'Empire, pose la question et apporte des éléments de réponse. Une fois de plus la comparaison entre les émissions générales en latin et les émissions locales en grec permet de préciser les attributions et donc de mieux comprendre qui frappe, quand, pourquoi et surtout, comment expliquer les interruptions de frappe et les hiatus chronologiques.

Une grande satisfaction pour l'équipe de ROME a été de constater que les présentations globales de collections spécialisées des catalogues précédents ont suscité des vocations de collectionneurs thématiques. En effet, plusieurs collectionneurs ont émis l'intention de commencer, à coté de leur collection de portraits d'empereurs et d'impératrices, des collections satellites consacrées pour plusieurs à un seul empereur, pour d'autres à une famille impériale, et pour un amateur, aux revers consacrés à Mars.

Il est en effet de plus en plus évident que la chasse à la galerie de portraits échoue, selon les moyens des collectionneurs, un jour ou l'autre encore très loin du but. Pour certains, Lélien sera un obstacle difficile, pour d'autres Agrippine, pour tous ou presque Pacatien ou Dryantille, sans parler Saturnin ou d'Amandus. En revanche, la collection d'un seul empereur permet de regrouper des ensembles cohérents qui, pour peu que l'on exclut l'or et les empereurs trop prolixes, peuvent se rapprocher beaucoup plus facilement de l'exhaustivité qu'une collection de portraits et ce, pour des budgets très raisonnables. Plus important encore, les raretés réelles étant mal connues, le prix d'une monnaie n'est que rarement en rapport avec la difficulté de la trouver pour peu que le thème de revers ne soit pas particulièrement populaire.

N'importe quel professionnel confirmera immédiatement que le rapport de prix, à rareté égale, d'une revers particulier d'un empereur commun est de un à dix avec n'importe quelle frappe d'un empereur rare.

Le but de la numismatique n'étant pas de s'épuiser à la recherche d'un empereur introuvable ou inabordable mais de faire revivre, par le truchement des monnaies, une civilisation disparue, nous en saurions trop recommander l'abandon des collections de portraits au profit des collections spécialisées par empereurs ou par thèmes.

N'oubliez pas que Jérôme Mairat est toujours intéressé par vos commentaires et remarques concernant ses reclassements à jerome.mairat@wanadoo.fr.

Bonne chasse !

Michel Prieur