ANTONINIEN
EXCEPTIONNEL DE PROBUS

PROBUS - (07/276-09/282).
Marcus Aurelius Probus

E. Antoninien, 281, Ticinium (Pavie), 9e ém., 6e off., (Bill, 23 mm, 6 h, 4,04 g), (pd.th. 3,865 g., taille 1/84 L.).
A/ VIRTVS PROBI INVICTI AVG. «Virtus Probi Invicti Augusti» (Le Courage de l’Auguste Empereur Probus invincible). Buste de Probus casqué et radié à gauche, avec cuirasse, vu de trois quarts en avant, tenant une haste posée sur l’épaule et un bouclier (E1).
R/ SECVRIT PERP/ -|I// VIXXI. «Securitas Perpetua» (la Sécurité perpétuelle). Securitas (La Sécurité) debout de face, les jambes croisées, tournée à gauche, portant son bras droit à sa tête et s’appuyant de son bras gauche sur une colonne.
C.618 (6f.) - RIC.527. Exemplaire de qualité exceptionnelle pour ce monnayage. Titulature inhabituelle. Avec presque toute son argenture. Flan large mais légèrement éclaté à 6 heures au droit.
RR. SPL : 2400

Commentaire : K. Pink a classé le monnayage de l’atelier de Ticinium en dix émissions. Le type de revers associant la légende «Securit Perp» et la Sécurité, appuyée sur une colonne ne se rencontre que pour l’atelier de Ticinium. La sixième officine est dévolue à ce revers qui fait son apparition au cours de la sixième émission et se rencontre jusqu’à la dernière. La neuvième émission, importante, se caractérise par l’utilisation de bustes consulaires, liés au quatrième consulat de Probus et à des antoniniens avec le titre «Invictus» et coïncide avec le triomphe de Probus à Rome et la venue de l’empereur à Ticinium. Il est possible que Probus ait reçu ce titre d’Invictus lors de son triomphe à l’occasion de ses quinquennalia, comme Trajan plus de 170 ans auparavant, s’était vu décerner celui d’Optimus, (le meilleur), à la suite de ses victoires sur les Daces. L’épithète «Invictus» est souvent utilisée pour désigner Sol (le Soleil invincible), qui, depuis Aurélien et l’adoption du culte solaire, est désigné comme le compagnon de l’empereur. Le titre d’Invictus prendrait alors une connotation religieuse comme le titre «d’Augustus», décerné à Octave en 27 avant J.-C. Le signe placé dans le champ à droite est la sixième lettre du mot EQVITI qui semble avoir été le signum (sobriquet, Equitius) de Probus d’après les travaux de K. Pink, et peut se traduire par «le juste». Chaque lettre du mot est associée à une officine de l’atelier : six lettres pour six officines.

Historique : Probus était un empereur illyrien, originaire de Sirmium (Aurélius Victor, Caes., 37/4). Il appartenait à la caste militaire et fit sa carrière dans l’Armée de Gallien à Tacite. Aurélius Victor le compare à Hannibal. Zozime le rattache à la filiation de Claude II. Proclamé par l’Armée, d’après l’Histoire Auguste, il semble avoir gouverné avec l’appui du Sénat. En 281, il revêt son quatrième consulat. Il quitte l’Orient pour rejoindre l’Occident où il doit faire face à la révolte de Proculus, après avoir maté l’année précédente celles de Saturnin et de Bonose. D’après les sources, Probus serait présent à Lyon à la fin de l’été avant de se rendre à Rome pour fêter son Triomphe sur ses compétiteurs et ses ennemis. Il passe par Ticinium (Pavie) avant de rejoindre Rome. Le Triomphe coïncide avec les quinquennalia de l’empereur qui offre un donativum à ses troupes et des jeux magnifiques. La paix semble rétablie sur l’ensemble de l’Empire. Probus quitte l’Urbs au début de l’année suivante pour Sirmium. Il avait prophétisé en parlant de sa fin : « j’ai une consolation : c’est que je ne périrai pas tout seul ».