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Le jeton est, par définition, frappé à très peu
dexemplaires: un jeton de Bretagne des plus courants et
vendu deux cent francs aura été frappé à six ou huit mille
exemplaires alors que les monnaies de la même période,
frappées par centaines de milliers dexemplaires, valent
beaucoup plus cher pour une conservation identique.
Les émissions destinées à des personnalités ou à des
récompenses locales ne passaient que rarement les trois cent à
cinq cent exemplaires, ce qui est, à deux siècles de distance,
moins que rien.
Les frappes les plus importantes sont celles des grandes
administrations où de dix à quinze mille jetons pouvaient être
frappés par an pour un Ministère comme le Trésor Royal ou
lExtraordinaire des Guerres. Nous restons dans des
quantités fabriquées extrêmement faibles, encore diminuées
par des refontes souvent massives de récipiendaires impécunieux
ou de leurs héritiers.
Le principe même de fonctionnement des Finances royales
encourageait les refontes de métaux précieux, utilisés à
chaque occasion pour augmenter la masse monétaire circulant dans
le royaume. Les jetons en Or, déjà fabriqués en quantités
homéopathiques, furent presque tous refondus; en quinze ans de
carrière, jai vu proposer à la vente quatre jetons en Or
du XVIIIème siècle.....
Les refontes et extorsions de la révolution ont bien entendu
amplifié les coupes sombres déjà réalisées dans la
quantités de jetons existant à lépoque.
Le XIXème siècle va frapper sur une plus grande échelle par
le nombre de types et démetteurs mais ne va pas procéder
à des émissions individuellement beaucoup plus importantes que
précédemment. En effet, ni les ministères - peuplés
désormais uniquement de fonctionnaires salariés; ni les
régions - dissoutes par le jacobinisme - ne vont plus frapper
alors quelles fournissaient les plus gros contingents
démissions au XVIIIème siècle.
Si les compagnies dAssurance frappent pour stimuler le
réseau et remercier les actionnaires de leur présence aux
assemblées, cest à léchelle humaine et jamais dans
des quantités dépassant largement les dix mille exemplaires par
type.
Un commentaire fait par ceux qui ny connaissent rien
revient souvent: "les jetons? Cest très commun!"
Cette attitude sexplique par labsence de catalogues
et de livres de référence. Le manque de repères pousse ceux
qui ne se sont jamais penchés sur les quantités existant
réellement pour chaque type à globaliser. Personne nirait
dire "Les livres du XVIIIème? Cest très
commun!" bien quil y en ait infiniment plus que de
jetons. Personne nirait imaginer de ne pas différencier
les livres alors que les incompétents mettent tous les jetons
dans le même sac. Il suffit de chercher un jeton précis - hors
les deux plus grosses maisons spécialisées - pour constater
quil est pratiquement introuvable sauf vraie coïncidence.
Les jetons, sils sont encore faciles à trouver en
général, sont, si lon cherche un objet précis, déjà
difficiles et demandent de vrais collectionneurs.
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