Retour au Sommaire INTRODUCTION

Notre ambition pour FRANCE V était de réunir le plus grand nombre possible d’écus aux branches d’olivier. L’ensemble étant l’un des plus important jamais réuni, la tentative a réussi, mais cette réussite même, en montre les écueils.

Une information statistique utile peut-elle être déduite d’un tel catalogue ? Les taux de survivance parfois irréguliers, voire incohérents, mettent en lumière des problèmes liés aux chiffres d’archives, à la fabrication des faux pour servir, aux malversations des directeurs monétaires bref, à tout ce que nous savons ou appréhendons mal.

En effet, 715 écus est une belle série, mais qu’est-ce, face aux productions de cette période ? Si peu que les statistiques sont malaisées et que toute recherche sérieuse devrait se faire sur un échantillon infiniment plus important.

Nos amis américains ont mis en place sur Internet un outil remarquablement utile en mettant en ligne toute la collection de l’American Numismatic Society. Une rapide (3 secondes) vérification montre que leur collection comporte 3.783 monnaies françaises entre 1630 et 1800 dont chacune est référencée avec toutes les informations importantes. Si la photo s’avère nécessaire, une demande peut être adressée par le Net (5 secondes de transmission en moyenne) et la photo renvoyée par le même moyen (de nouveau 5 secondes) pour être imprimée directement par une imprimante de bureau ou intégrée dans la mise en page d’un livre.

Les plus grosses pertes de temps sont imputables au décalage horaire avec New-York et à la recherche de la monnaie à photographier dans les plateaux...

De quel outil ne disposerions-nous pas si tous les musées, collectionneurs et professionnels du monde mettaient leurs collections ou stocks sur Internet ! Pour notre part, vous y trouverez FRANCE V au complet avec plus de photos que sur la version papier à l'adresse : "http:\\www.cgb.fr"

 

M . PRIEUR

Nous avons préparé ce catalogue depuis longtemps, avec un objectif : tenter de nous approcher de la référence en la matière, la collection Sobin.

Il y a un peu plus de vingt ans, était dispersée sous le marteau des enchères la collection d’écus français de George Sobin. Le catalogue, devenu une véritable référence ne comprenait pas moins de 1.336 écus de la période 1641-1794.

Cette vente faisait suite à la publication d’un ouvrage, devenu un classique, toujours de George Sobin, The Silver Crowns of France 1641-1973, publié en 1974. Son étude statistique portait sur plus de 28.000 écus de la période 1641-1794 et il y relevait environ 2.000 années et millésimes.

Les travaux publiés depuis cette date, R. Victoor en 1973, V. Gadoury en 1978, F. Droulers en 1980, 1987,1989,1992, 1998, A. Clairand en 1996 ont renouvelé et complété radicalement notre connaissance du monnayage royal qui datait de 1878 pour H. Hoffmann et de 1926 pour L. Ciani. En 1989, J. Duplessy a donné un nouveau bréviaire général pour la monnaie royale.

L’étude des ateliers s’est aussi développée pendant cette période. Après B. Collin et son corpus sur Montpellier en 1986, nous avons eu les travaux de S. Sombart sur Reims en 1990, Amiens en 1994, de J.-F. Suagher sur Besançon en 1995, de A. Clairand sur Tours en 1996 et plus près de nous de J. Darbot sur Troyes en 1997.

Il ne faut pas oublier les collectionneurs qui ont largement fait avancer les connaissances pendant ces vingt dernières années. Nous ne pouvons bien entendu pas tous les citer, mais les travaux de E. Alhéritière et B. Martin font aujourd’hui référence sur les écus royaux, particulièrement pour la période de 1726 à la Révolution.

Pourtant, un énorme travail reste encore à réaliser : de trop nombreux écus ne sont pas encore connus ou répertoriés, voire mal décrits.

Avec 715 numéros, FRANCE V est le plus gros catalogue, consacré aux écus, a être publié, en France et en français et, pour la première fois, nous avons indiqué l’axe des tranches.

Nous espérons que FRANCE V fera naître de nouvelles vocations et confirmera celles qui existent déjà.

Bonne lecture!

L. SCHMITT