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Locc7910 - La France et sa monnaie CONSIGNY P.

La France et sa monnaie  CONSIGNY P.
Non disponible.
Article vendu sur notre boutique internet.
Prix : 39.00 €
Auteur : CONSIGNY P. 
Editeur : Imprimerie Nationale 
Etat du livre : Livre d'occasion en excellent état de conservation 
Langue : français 
Caractéristiques : Paris, 2001, relié toile, (25 x 31cm), 246p. + nbrses ill. n&b et couleur 
Poids : 1824  g.
Lisibilité :
Illustrations :
Technicité :
Importance :
Commentaire
Article
Des origines de la monnaie à l'époque celte jusqu' à l'abandon du Franc pour l'Euro, toute l'histoire de la monnaie en France, richement illustrée. Un très beau livre pour comprendre notre histoire monétaire. Épuisé.
" La France & sa monnaie " - Pierre Consigny - Imprimerie Nationale - Éditions de l'Imprimerie Nationale - FORMAT 25x31 - relire toilée gris-vert et jaquette couleur - 246 pages en couleurs et en noir et blanc - 58 euros (380,45 francs)


Au premier contact, c'est un beau livre. Grand, massif sans exagération, une très belle couverture à la Marianne de Dupré avec la matrice du portrait de Madame Récamier, d'un beau gris sur noir, de ces noirs profonds que l'on obtient avec, paradoxalement, la photographie en couleur. Une certitude donc, c'est un livre qu'il faudra que ses acquéreurs laissent à disposition dans leurs salons, afin d'initier à la Numismatique le visiteur de passage : on a envie de le regarder quand on l'aperçoit.
Le sujet, l'auteur (ancien Directeur de la Monnaie de Paris), la volonté de faire un ouvrage grand public : c'est un livre important pour la Numismatique française.

Une fois le livre ouvert, malheureusement, il va falloir tempérer notre enthousiasme.
Voyons les textes, la post-face, les illustrations et la mise en page.

Réglons d'abord le sort de la post-face, signée L. Fabius. Ce que l'on en démêle, passé le barrage du style " Pensée Unique " Bercy sur Seine, est que tout est heureux qui finit Euro et d'ailleurs, fondamentalement au niveau du vécu, que toutes ces " Monnaies de France " n'avaient qu'un seul but : arriver à l'Euro. Briot, Warin, Dupré, les Barre, tous ceux qui ont œuvré depuis que la France est France pour la gloire et la beauté de ses monnaies doivent se retourner dans leur tombe.
Je me doute bien qu'il n'était pas possible à La Monnaie de Paris de contourner, pour un ouvrage grand public aussi important dans son ambition, son Ministre de tutelle. Quel dommage d'avoir dû en passer par celui qui a invité les Français à " faire leur deuil d'une certaine idée de la Nation " avant de jeter le Franc aux orties !

Le texte est bien équilibré, les introductions des grandes parties sont d'un style et d'une élévation d'esprit remarquables. On sent chez l'auteur une réflexion tendue sur l'identité du fait monétaire dans l'Histoire (plus d'ailleurs que sur la Numismatique elle-même) qui mérite non seulement d'être lue, mais aussi méditée. Souvent, des phrases choisies mises en exergue nous ouvrent à tous des chemins de réflexion. Citons-en une : " La souveraineté est non plus divisible que le point en géométrie " en tête du chapitre " La monnaie du roi a fait le roi ".
La description des monnaies de France est en revanche simplement bonne, sans génie particulier. On suit agréablement l'évolution, les différentes séries, les grandes époques, bref, un texte d'introduction à la numismatique française parfait pour un novice, ce qui était le but recherché. Bien entendu, quelques petits problèmes - le diable se niche toujours dans les légendes des illustrations - avec la " crézéide " page 21, les " aureus " romains page 31, le revers de l'Ange d'or page 130 qui est furieusement aux 8 L, le sol aux balances page 158 qui est un deux sols... passons, cela peut arriver à tout le monde.
Un vrai bémol, l'absence complète de référence et d'illustrations pour les billets : la Monnaie d'un pays, c'est aussi ses billets. Peut-être l'absence de majuscule au mot monnaie dans le titre du livre indique-t-il un parti pris de la monnaie-pièce ? Peut-être le confinement de la Banque de France à une toute petite illustration dans un petit coin de page (p. 207) confirme-t-il une volonté de réduction de la Monnaie à la monnaie ?

En revanche, si le novice devrait être très intéressé par l'histoire chronologique de la monnaie en France, le numismate confirmé n'y trouvera rien de nouveau pour lui. C'est là que se trouve la différence avec les textes introductifs où le point de vue très élevé que prend l'auteur pourrait heureusement rappeler à certains numismates trop collés à la " position de l'abeille par rapport au listel " ou à " l'inclinaison de la corne d'abondance ", que la Monnaie, c'est l'expression directe du peuple vivant dans ses valeurs, sa symbolique et, pour citer Pierre Consigny " Un chemin de mémoire ". On ne collectionne pas les monnaies de la même manière ni pour les mêmes raisons que l'on collectionne les timbres, les couvercles de boites de camembert ou les sacs plastiques bio-dégradables dits " kits de pré-alimentation ". Je ne peux à ce propos m'empêcher de citer l'introduction du chapitre " L'expression d'une identité " : " Nulle part mieux qu'à travers sa monnaie n'apparaît l'idée que la France se fait d'elle-même. De ce qu'elle est, de ce qu'elle voudrait être. Manifestation d'une souveraineté, la monnaie est aussi l'expression d'une identité. Point commun de tout un peuple qui veut (ou à qui l'on veut) affirmer son identité, la monnaie est précisément le lieu où s'exprime, par un symbole, le lien qui identifie cette unité. À travers cette symbolique, par nature vouée à l'essentiel, nul raccourci de l'histoire de France n'est plus significatif que l'histoire de sa monnaie ". Admirable. Gaullien.

La mise en page, sans génie particulier, est honnête et claire, sur deux colonnes, ce qui rend la lecture aisée. Le choix d'illustrer de nombreuses pièces en ayant détouré le champ n'est pas du meilleur goût mais aidera certainement le lecteur novice à " lire " la pièce.

Nous arrivons au gros problème, au gâchis, les illustrations. Ce livre étant manifestement orienté " Grand public ", son illustration est essentielle au propos de l'ouvrage. En effet, les " beaux livres " d'Art sont rarement lus in extenso mais plus souvent feuilletés pour le plaisir des yeux par leurs propriétaires.

Le choix des monnaies reproduites n'est pas en cause, il est bon et bien enrichi de nombreux documents d'époque, miniatures, estampes, peintures, qui confrontent, à chaque période, les monnaies avec l'univers visuel de leur Temps. On remarque avec plaisir que ce choix laisse une large place aux monnaies " du peuple " évitant le monopole des pièces d'or " des riches ", tant pour l'époque que pour les collectionneurs d'aujourd'hui. Des deniers ou décimes sont parfois agrandis en pleine page.
Les exemplaires reproduits ne sont pas en cause, sauf certaines monnaies communes illustrées dans des exemplaires médiocres (le douze deniers page 143, par exemple).

Où est le problème ?
Premièrement, il est aberrant de mettre des illustrations en noir et blanc dans un livre imprimé en couleurs. Surtout sur des doubles pages. On avait la possibilité de montrer partout des patines bleues irisées, des cuivres rouges sortant de frappe, des teintes d'or anciens : presque la moitié des monnaies illustrées le sont en noir et blanc ! Le livre étant intégralement en couleurs, l'impression n'aurait pas coûté un franc de plus.
Deuxièmement, il est aberrant d'utiliser des documents prévus pour une reproduction à l'échelle 1/1 dans des agrandissements géants. Prenons l'agnel des pages 114/115 : c'est complètement flou ! Le document d'origine qui provient du Cabinet des Médailles n'est pas en cause : la diapositive n'était pas prévue pour être agrandie à ce point ! Ce problème est récurrent : j'ai compté une soixantaine de pleines pages où il aurait fallu re-photographier la pièce avec une prise de vue macro-photographique compatible avec un agrandissement pleine page sur un tel format. A contrario, un exemple de bonne photo, le statère des Ambiens de la page 112 : la texture du métal est visible, on sent la main du graveur, les reflets sur l'or magnifient le relief, pas le moindre pixel ne manque, pas trop d'effet de saturation sur les parties réfléchissantes.
Le plus incompréhensible est que certaines photos, celles des matrices photographiées à la Monnaie, sont des modèles de qualité en macro-photographies ! Par exemple, pour ceux qui ont du mal à distinguer flans mats et flans brillants dans les frappes de la fin du XIXe siècle, reportez-vous à la photo de la matrice de la Semeuse, page 154 : on voit parfaitement le " granulé " de surface qui va donner l'aspect " mat ". Certaines photos sont en revanche à la limite du gag, comme celle du Napoléon de la page 218 : tout d'abord l'exemplaire photographié est un 20 francs - pour agrandir pleine page, on aurait pu prendre un 100 francs - qui est usé (gros plat sur le sourcil, témoin d'une circulation notable), ensuite la photo est tellement mal détourée que le listel disparaît dans le fond noir sur une grosse moitié de la pièce, lui donnant un aspect ovale, de plus la pièce est sale (encrassements dans le différent, les cheveux et les lettres) mais, coup final, il reste sur la joue de Napoléon III une pluche rouge qui provient certainement du velours du plateau ! Autre photo ahurissante : le piéfort d'Henri IV : l'exemplaire photographié est un petit TB, couvert de chocs, coups et rayures !

On reste perplexe sur les raisons du sabordage des illustrations d'un ouvrage qui promettait d'être un chef d'œuvre….

Nous sommes éditeurs et nous avons, une fois, suite à une erreur de fichier, imprimé un catalogue avec des fautes d'orthographe non corrigées et de menues erreurs. Nous avons pilonné et refait. Ce n'est un secret pour personne qu'un confrère fit détruire voici quelques années 25.000 exemplaires d'une édition aux images défectueuses pour réimprimer la totalité. Il est fréquent que le rédacteur en chef de Numismatique et Change prévienne un auteur que les photos fournies pour illustration ont trop peu de définition et qu'il faudra les refaire. Malheureusement, les Éditions de l'Imprimerie Nationale (couvertes de louanges dans les remerciements au début de l'ouvrage !! On croît rêver…) se sont contentées de photos impropres et ont produit, au lieu d'un chef d'œuvre, une franche déception.

Ce livre ayant été financé, in fine, par l'argent du contribuable, donc le vôtre et le mien, c'est particulièrement désagréable, voire franchement râlant. Le pire étant que ce livre existant, personne ne va, dans les dix prochaines années au moins, trouver un éditeur ou un auteur pour refaire un " Monnaies de France " irréprochable.

Il faut malgré tout recommander l'acquisition de ce livre, avant tout parce qu'il n'a pas d'équivalent et qu'il n'en aura pas avant longtemps. Chacun d'entre nous se doit d'être un ambassadeur de la numismatique et doit pouvoir montrer à ses amis, relations collègues et connaissances, sans aller à son coffre de banque, les objets et le pourquoi de sa passion. Ce livre, pour les novices, remplit parfaitement son office : montrer des monnaies de France.


Michel PRIEUR
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